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01 Mayo 2012

Appel à textes: Métissages et traduction

Call for Papers

Appel à textes pour le numéro thématique Métissages et traduction d'Alterstice. Revue Internationale de la Recherche Interculturelle à comité de lecture dont l’objectif principal est de diffuser les réflexions et les résultats de recherches interculturelles.

Numéro édité sous la direction de José Yuste Frías

Alterstice [ɑltɛʀstis] est une contraction de « altérité » et « interstice » ou encore du latin « alter », autre, et « stare », être, se trouver; le mot signifie « être autre, se trouver dans la différence ». Il fait référence aussi bien à la qualité d’être autre qu’à celle de se trouver dans un entre-deux, un intervalle qui transforme.

La revue Alterstice est associée à l’Association internationale pour la Recherche InterCulturelle (ARIC), au Centre interuniversitaire d'Études sur les Langues, les Arts et les Traditions (CELAT) et à l'équipe de recherche Migration et Ethnicité dans les Interventions en Santé et en Service Social (METISS).

Télécharger  PDF_petit le PDF de l'appel à textes

Soumissions en ligne et directives aux auteurs

Appel à contribution publié chez Calenda. Calendrier des sciences sociales

Les travaux de François Laplantine et Alexis Nouss (Le métissage, 1997; Métissages. De Arcimboldo à Zombi, 2001)) ont dévoilé et débusqué les innombrables expressions du métissage dans les domaines les plus variés de la culture: la langue, la littérature, l'architecture, la sculpture, la peinture, la géographie, la musique, le cinéma, le théâtre et la philosophie. En affichant le pouvoir conceptuel novateur du métissage pour aborder la citoyenneté, la laïcité, le racisme, la globalisation oule cosmopolitisme, Alexis Nouss (Plaidoyer pour un monde métis, 2005) est arrivé même a suggérer brillamment qu'un monde métis est un autre monde possible. Or, sans traduction (qu'elle soit interlinguistique, intralinguistique  ou intersémiotique) rien de tout cela n'est possible. La traduction peut être considérée, en effet, comme un métissage de cultures à condition de prendre la notion de « métissage » dans le sens que lui ont donné François Laplantine et Alexis Nouss (1997 et 2001), c’est-à-dire sans jamais confondre le métissage avec des notions telles que « mélange » ou « hybridité », très à la mode ces derniers temps mais complètement éloignées du sens du mot « métissage » dans la réflexion anthropologique et traductologique. Ni une condition ni un état, le métissage désigne un processus. Le sujet contemporain sait qu'il est flux identitaire, construction permanente soumise à la multiplicité de ses diverses identités. Le traducteur, entre deux langues et deux cultures, en est un modèle. Si comme l'a si bien dit Alexis Nouss « le métissage c’est le même et l’autre », ce « et » du métissage trouve sa manifestation langagière dans la traduction (Métissage et traduction, 2009).

Phénomène textuel et paratextuel, la traduction n’est jamais une action purement technique parce qu’elle ne peut pas être neutre, elle est toujours toute humaine et sociale. La traduction étant un fait de culture, elle est essentiellement ancrée dans le rapport à l’Autre et à la différence. La traduction peut nous aider à dévoiler le regard de l'Autre quand, au seuil d'une médiation sociale par exemple, le regard de l'étranger se cache derrière ce voile islamique que le déclin symbolique de l'Europe ne veut pas lire ni interpréter. La traduction rend possible l’ouverture à l’Autre et constitue, par conséquent, un des premiers actes de culture. Traduire c’est penser la culture non seulement comme fondement de toute compréhension, mais aussi et surtout comme rapport et rencontre avec l’altérité : traduire sans culture(s) n’est pas traduire !

Le but principal de ce numéro thématique de la revue Alterstice. Revue Internationale de la Recherche Interculturelle est de présenter la traduction comme paradigme de transformation métisse pour interroger ce qui n’est pas un concept à proprement parler mais plutôt quelque chose qui relève de l’affectif : la notion d’identité. La traduction est sur le plan textuel et paratextuel l'équivalent de l'identité sur le plan ontologique. L’identité n’est pas un objet social, elle est plutôt de l’ordre du sentiment, l’évocation d’un sentiment d’appartenance à un groupe, une revendication. Dans les «transes culturelles» (Nouss, 2005: 19-44) vécues par l’interculturel et le multiculturalisme, les constructions identitaires relèvent de l’idéologie d’un individualisme personnel ou collectif (l’identité culturelle, l’identité nationale, etc.) qui récuse la catégorie de l’altérité et oppose au risque le repli sur le soi propre comme l'a si bien exprimé François Laplantine (Je, nous et les autres, 1999). Sous les perspectives retranchées de l’interculturel et du multiculturalisme, la catégorie d’identité s’est opposée aux sensations de pluri-appartenance inhérentes au processus de métissage omniprésent lors de toute traduction. 

Face aux faiblesses de l’interculturel et aux dangers d’un monde seulement multiculturel, Alterstice fait appel à des textes dont l'écriture développe la pensée de la relation entre les cultures comme traduction. Les différences culturelles ont toujours été vouées à se rencontrer les unes entre les autres grâce à la traduction, soit pour accueillir la différence, soit pour l’atténuer ou tout simplement l’effacer dans un processus d’intégration, d’uniformisation et d’assimilation accélérées. L’acte de traduire entre les cultures est un enjeu vital qui, se définissant avant tout comme un accueil de la différence, offre une alternative aux notions dépassées d’interculturalité et de multiculturalité où tout est négociation pour intégrer l’étranger en lui ôtant toute marque d’étrangeté, et l’accepter s’il a perdu toute marque d’altérité (Cf. Laplantine et Nouss, 1997 : 39).

Or la traduction est toujours là pour rendre compte de l’altérité en termes d’identité car son rôle est de «rappeler qu’il est possible de dire le monde d’une autre façon, avec un autre accent, d’autres couleurs. Faire entendre dans sa propre langue, la langue autre, y faire entrer de l’étrangeté qui enrichira les possibilités de l’expression et de l’identité du sujet. […] La traduction est dialogue entre les langues. Or il en va du dialogue comme de la rencontre et du voyage : sa valeur tient dans la distance parcourue» (Laplantine et Nouss, 1997 : 41). La pratique de la traduction constitue un moyen privilégié d’instaurer entre deux cultures un espace et un temps de dialogue transculturel : sans la pratique quotidienne des traducteurs et des interprètes, aucune culture ne peut dialoguer avec une autre. Étant une pensée du lien, de la relation et de la transformation, la traduction est surtout une pratique professionnelle métisse (c’est-à-dire, à la fois métissée et métissante) et, par conséquent, elle est bien plus une « opération transculturelle » qu’une « procédure interculturelle ou une modalité multiculturelle » (Nouss, 2005 : 43). 

Ce numéro thématique de la revue Alterstice voudrait insister sur le fait que le métissage est avant tout un état de culture traductive, un univers mental lié aux choix faits dans les familles ou les milieux qui vivent l’expérience de la migration (émigration et immigration) et du voyage. La population des plus grandes et plus vieilles civilisations est née et s’est développée d’un métissage de peuples autochtones et de gens venus d’ailleurs. Ces différents « groupes ethniques » ne sont pas du tout définis par des caractères raciaux transmis par le sang comme certains extrémistes et de droite et de gauche veulent nous faire croire, mais par des langues, des us et coutumes, des valeurs religieuses constituant un ensemble de sentiments et de souvenirs vécus et liés à des histoires personnelles et familiales de personnes étrangères qui, à maintes reprises, font recours à la traduction pour se communiquer au jour le jour et faire valoir ses droits en milieu social où elles vivent le quotidien des services publics d'éducation, de santé et de justice fournis par le pays qui les accueille. La traduction conçue ainsi comme métissage de cultures aide à comprendre que cette « ethnicité » est faite de mémoire, d’histoire, de systèmes de valeurs symboliques, qu’elle est multiple, et qu’elle est vouée, comme la traduction, à un changement constant... à un devenir métis.

La revue Alterstice invite donc chercheurs, traducteurs et interprètes à envoyer leurs propositions d'article autour de trois grands axes d'activité traductive du devenir métis : 

  • Politiques du métissage dans la pratique quotidienne de la Traduction et l'Interprétation en Milieu Social (TIMS). Pourquoi la médiation à l'école devient apparemment impossible lorsqu'une jeune fille musulmane porte le voile ? Faut-il être jeune femme journaliste occidentaleet se trouver dans une situation de médiation « non sociale » pour que l'on puisse porter le voile sans aucun problème ? Pour communiquer avec des femmes enceintes immigrantes, peut-on vraiment remplacer la présence physique ou virtuelle de l'interprète en milieu social par des « interprètes en papier », c'est-à-dire par des pictogrammes trop mal traduits ?
  • Métissages intersémiotiques mettant en œuvre la traduction intersémiotique dans les manifestations artistiques et culturelles les plus diverses. Un exemple pris dans les arts visuels musulmans est celui de l'étoile de huit pointes utilisée au Moyen-Âge dans toute la péninsule ibérique et devenue aujourd'hui l'image de marque d'une publicité institutionnelle voulant traduire toute une ville aragonaise (Teruel) ou toute région espagnole (l'Andalousie) en Espagne.
  • Métissages linguistiques réalisés dans les pratiques langagières qui font que les langues se rencontrent et s'épousent grâce à la traduction et de la langue de l'un et de la langue de l'autre dans la parole de tous les jours: emprunts et mots venus d'ailleurs dans le franglais ou le spanglish; création de langues spécifiques et autonomes (les créoles français, anglais, portugais, espagnols).

Les auteurs sont invités à soumettre leur intention d’article sous la forme d’un résumé de 300 mots au plus tard le 30 septembre 2012 par courriel  au professeur José Yuste Frías, éditeur invité pour ce numéro, à l’adresse suivante :

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Les articles retenus devront être remis au plus tard le 30 novembre 2012.

Les textes sont au maximum de 6000 mots incluant les notes de bas de page et les tableaux, mais excluant la liste des références bibliographiques et le résumé.

Pour de plus amples renseignements et instructions aux auteurs, vous êtes invités à consulter le site de la revue Alterstice : http://www.alterstice.org/. Le site est hébergé par le laboratoire "Psychologie et Cultures", Université Laval, Québec, Canada.

Établi avec le soutien de l’Association internationale pour la Recherche InterCulturelle (ARIC), du Centre interuniversitaire d'études sur les Langues, les Arts et les Traditions (CELAT) et de l'équipe de recherche Migration et Ethnicité dans les Interventions en Santé et en Service social (METISS).

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Profesor Titular de Universidad
Investigador Principal del Grupo de Investigación T&P
Director de los programas Web-TV Zig-Zag, Exit y Píldoras T&P

Direcciones electrónicas:
Correo electrónico: jyuste@uvigo.es
Sitio web personal: http://joseyustefrias.com
Sitio web T&P: http://paratraduccion.com
Sitio web Academia.edu: http://uvigo.academia.edu/JoseYusteFrias 

 

Dirección postal:
Facultade de Filoloxía e Tradución
Departamento de Tradución e Lingüística
Campus de Vigo
UNIVERSIDADE DE VIGO
36310 VIGO (ESPAÑA)
Tel.: + 34 986 812 331
Fax: + 34 986 812 380

 




 

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